Les fondamentaux de la gestion des pâturages

Les principes fondamentaux :

Le surpâturage est l’élément le plus nocif pour la prairie, pour le sol ainsi que pour l’animal, comment définit on le surpâturage :

  1. Consommer trop de surface foliaire, donc l’intensité de pâturage
  2. Faire des rotations trop rapides, donc la croissance et reconstitution des réserves énergétiques des plantes.
  3. Rester plus de trois jours par parcelle, permettre aux animaux de consommer les nouvelles feuilles.

Intensité de pâturage

Picture4L’intensité de pâturage  correspond à la quantité de matière sèche disponible à l’entrée des animaux dans un paddock, ainsi qu’à la surface foliaire résiduelle après la période de pâturage.  Ceci détermine donc la qualité nutritionnelle de la pâture, par rapport à la phase de croissance des plantes et de la productivité de la plante. Si trop de feuilles de la plante sont pâturées, alors la plante doit puiser dans ses réserves d’énergie pour initier la croissance. Affaiblissant ainsi sa productivité, sa vigueur, ce qui affecte son enracinement…. C’est un cercle vicieux qui débute.

La photosynthèse se produit principalement à travers les feuilles donc moins de feuilles = moins d’énergie pour la plante.

Les racines utilisent l’énergie produite à partir de la photosynthèse pour la croissance et la reproduction. Donc moins de surface foliaire = réduction de masse racinaire = … etc.…

Picture5Le stade de croissance de la plante influence la qualité nutritionnelle donc la production animale.

Les facteurs biologiques (la faim, l’espèce, etc.…), les facteurs physiques (topographie, climat, etc..) affectent l’utilisation spatiale et temporelle d’un animal dans son environnement.

Cela conduit à une utilisation inégale des pâtures

Ce qui entraîne des variations indépendantes et locales de l’intensité du pâturage.

Utilisation Spatiale de l’environnement

Picture8Il est bien connu que les animaux sélectionnent les plantes les plus appétentes et digestes. Ils ont également des préférences pour certaines espèces végétales. Les besoins nutritionnels dépendent de la classe de cheptel et de leurs conditions corporelles principalement. Tandis que la composition végétale, la densité des pâtures varie dans l’espace en fonction de facteurs tels que le type de sol, le climat, de la saison, de la composition végétale, l’historique du pâturage.  C’est pour cela que l’intensité de pâturage est une variable qui doit être adaptée à chaque élevage.

Durée de séjour

Le temps que les animaux sont autorisés à pâturer une unité de pâtures est appelé la durée de séjour. Cette période de résidence est basée sur l’équilibre entre la quantité de matière sèche disponible, le besoin énergétique et stade physiologique du bétail, de l’objectif de l’entreprise et la saison.Picture9

La durée de séjour ne doit pas excéder trois jours afin de ne pas pâturer les repousses et ainsi causer des dommages à la pâture. Si la production de Matière Sèche, le besoin alimentaire et l’objectif de production de l’entreprise sont équilibrés, la durée du séjour sera plus courte. Ce qui augmentera la quantité de fourrage effectivement consommée et permettra également de fournir une qualité supérieure de fourrage.

Par exemple : Une vache laitière pendant son pic de lactation à un appétit énorme et nécessite une alimentation de très haute qualité. Les vaches laitières ne doivent jamais rester plus de deux jours.

 

Picture2Les animaux sont très sélectifs, ils consomment d’abord les plantes qu’ils préfèrent et laisse le reste pour la fin. Malheureusement, les autres plantes sont soumises à un piétinement plus accrue et une quantité plus élevée de déjections fécales et d’urines. En conséquence plus la durée de séjour est longue, plus la matière sèche est gaspillée,  plus faible sera l’offre alimentaire, réduisant la performance animale.

La production animale est influencée par la durée séjour dans un paddock. L’efficience de la production est plus élevée lorsque les animaux ne demeurent pas plus de trois jours dans les pâturages.

La justification de la variation temporelle des stratégies (24/48/72) de pâturage repose principalement sur les effets de la défoliation sur la          quantité de matière sèche produite, à court et à longterme. Soit en d’autres termes, l’efficacité de la capture d’énergie et l’efficience de la récolte. Un autre facteur  et la qualité de la matière sèche consommée, donc du taux de conversion de la matière sèche en produit vendable.

Efficacité de production animale en fonction du temps de séjour :

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Fréquence de Pâturage / Temps de repousse

Afin de contrôler l’impact du pâturage (qualité et quantité), au fil de l’année.  Il est important de laisser les plantes reconstituer des réserves énergétiques, afin de laisser suffisamment de temps à plante pour générer de la photosynthèse.Picture3

Temps de récupération

Picture7Le temps de récupération de la pâture est variable en fonction des saisons, de la variété, des conditions climatiques, du sol et des facteurs précédemment cités (intensité etc…). Le temps de repos des plantes doit être adapté et modifié en fonction de toutes ces variables.

Comme le temps de récupération des plantes est variable alors la vitesse de rotation doit pouvoir être adapté afin de ne jamais surpaturer.

Saisonnalité

La capacité de chargement

Le maintien de l’écosystème et la productivité financière d’une exploitation agricole nécessite une compréhension de la capacité de chargement. Il y a des limites biologiques du nombre d’animaux pouvant être produit sur exploitation. La capacité de chargement est avant tout un prévisionnel de la demande de matière sèche qui dépend du cheptel et de leurs conditions physiologiques tout au long de l’année. La capacité de production de matière sèche doit répondre aux  besoins du cheptel tout au long de l’année.

Production de matière sèche :

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Besoin en matière sèche et production

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Le chargement animal à l’hectare

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Effets potentiels d’un chargement trop élevé :

Un taux de chargement trop faible, les animaux peuvent sélectionner les plantes les plus nutritives sans compétition. Permettant ainsi une performance individuelle élevée. Alors que le chargement croît, les animaux sont plus compétitifs, en conséquence la performance animale baisse. Entre ces deux extrêmes se situe la zone optimale qui maximise la production animale à l’hectare.

  • La performance animale est réduite
  • La quantité et la qualité de matière sèche ingérée est restreinte
  • Les plantes désirables sont défavorisées
  • La production de matière sèche diminue
  • La couverture végétale est dégradée
  • Accroissement de la nécessité de complémentation alimentaire

Effets potentiels d’un chargement trop faible :

  • Potentiel économique limité
  • Etat physique détérioré, conséquence sur la reproduction
  • Les plantes désirables sont défavorisées
  • Réduction de la biodiversité des espèces

Déterminer le chargement instantané d’une zone est le principal facteur relatif au succès de toute gestion de pâturage. Le nombre d’animaux affecte non seulement la performance individuelle, mais également la performance à l’hectare. Indépendamment de la diversité et composition de la prairie ou le type de cheptel, le nombre d’animaux qui occupent une zone sur une période de temps donnée, affecte profondément la production animale. L’intensité de pâturage est directement impactée en raison de sa relation entre la besoin en MS des animaux, ainsi que sur la ressource disponible.

Définir le chargement à l’hectare est très compliqué et très variable, parce que l’intensité de pâturage varie considérablement dans le temps et l’espace. Cette variation est le résultat de la quantité et la qualité de la matière sèche disponible, qui dépende de la gestion des pâturages (principalement abiotiques) et de variantes incontrôlable (biotique). Les principales variables abiotique sont le climat et le potentiel de productivité inhérent au site, défini par des facteurs comme la fertilité du sol, le type de flore. Ainsi, la quantité et la qualité de la matière sèche disponible, varie selon les saisons, les années, les régions, indépendamment de l’impact de tous les facteurs biotiques. Les facteurs biotiques affectant la quantité et la qualité de la matière sèche disponible relève de la qualité de la gestion de l’intensité, du temps de repos, de la durée du séjour.

A propos de Shane Bailey

Je suis né sur une exploitation ovine en condition sèche dans le Sud-Est de la France. J’ai grandi dans l’élevage entre la France et la Nouvelle-Zélande, toujours en 100% pâturage sans mécanisation, aliment ou bâtiment. Mon parcours professionnel en agriculture est une conjugaison d’expériences pratiques, techniques sur le terrain mais aussi scientifiques grâce à un réseau collaboratif pluridisciplinaire international. PâtureSens mobilise ses ressources financières pour permettre à ces membres de s’enrichir avec les plus grands experts mondiaux en matière de production animale.
Nous nous différencions des organismes « conventionnels » du fait que nous sommes avant tout des praticiens de l’élevage, notre vocation est de servir les intérêts économiques des agriculteurs qui nous font confiance.
Je suis aujourd’hui consultant pour la société PâtureSens, est souhaite pouvoir partager et diffuser nos connaissances afin d’aider les agriculteurs à s’approprier le pâturage. Ce blog est pour moi un lieu d’information, de partage et de réflexion sur la gestion des pâturages.

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