LES TECHNIQUES MODERNES DE PÂTURAGE ET LEUR GÉNÈSE

Auteur de l’article : cet article a été rédigé par Franck qui tient un blog que je vous invite à suivre en cliquant ici

LES TECHNIQUES MODERNES DE PÂTURAGE ET LEUR GÉNÈSE

Même si les éleveurs Anglo-Saxons les nomment « TechnoGrazing », « CellGrazing », « StripGrazing », « System 1-2-3 Full-Grass », ces techniques modernes ont toutes la même origine : André Voisin (voir article « Hommage à André Voisin ».

Et oui, André Voisin est le père fondateur des techniques de pâturage de précision à haut rendement !

En France, on connait les techniques modernes de pâturage sous les noms de « Pâturage cellulaire », « Pâturage rationné », « Pâturage rationnel rotatif », « Pâturage en système tournant simplifié », « Pâturage Pochon », « Pâturage intensif libre »…

 

L’essentiel, c’est de comprendre le mécanisme botanique que l’on exploite et le maitriser à l’échelle de l’exploitation en toutes saisons.

Comprendre le mécanisme

Pâturer à « haut rendement », c’est utiliser les ruminants pour récolter les plantes, (le plus fréquemment possible), afin de stimuler et d’accroitre le tallage des graminées. (Pousser de l’herbe).

La majeure partie de la matière sèche se trouve dans les premiers centimètres de la prairie (entre 2 et 10 cm) de même que la quasi-totalité de la qualité (appétence et digestibilité).

On empêche la plante d’atteindre son stade de reproduction car cette phase coïncide avec une stagnation de la production et une dégradation de la qualité. On maintien la plante dans son stade de croissance.

Maitriser ce mécanisme

Ce mécanisme reste théorique, – si on ne peut pas le maitriser à répétition, rien n’est figées, les saisons sont en mouvement, et varient selon l’année. Les besoins des animaux aussi. Il faut pouvoir coller les besoins à la ressource.

Avec un parcellaire adapté et un peu de technique, c’est possible. Sans un parcellaire adapté, cela devient très aléatoire.

Quelques soit le pays, la région, les circonstances, les situations de l’élevage, l’époque… on constate le même problème et la même solution :

Le même problème : Le problème principal qui oppose la gestion optimale des pâtures consiste à exploiter la ressource à travers la variation des saisons de l’année et des circonstances, de façon homogène, réglable et fiable

La même solution : Des structures offrant suffisamment de flexibilité, (grande souplesse parcellaire), permettant d’accélérer et de décélérer à souhait, selon la saison, les conditions et les circonstances.

C’est une question de savoir faire, créer une structure parcellaire adaptée afin de permettre l’optimisation souple (accélération/décélération…).


Les bienfaits des séjours rapides – ‘clé’ de la production

1) La rapidité de séjour régule le nombre des fois que les animaux prélèvent dans l’année, donc la production.

2) Au quotidien, les ruminants se sentent investis d’une mission : celle de combler leurs besoins nutritionnels. Pour cela, ils se synchronisent à la rotation, prennent un rythme et ne gaspillent pas. On ne les observe plus divagant à travers leur ressource… et prennent goût à changer de case régulièrement.

3) En changeant de parcelle souvent, il n’y a plus besoin de surveiller le cheptel à son insu – car elles viennent volontairement et peuvent être inspectées durant le changement. Contrairement à une idée parfois reçue, les systèmes de rotation n’imposent pas un besoin de main d’œuvre supplémentaire, bien au contraire.

4) Les matières fécales et l’urine sont étalées régulièrement et non concentrées autour des points d’eau, de l’ombre, des camps de crête… (sur le long terme, l’impact sur la fertilisation est significatif).

5) Les parcelles ou subdivisions consommées de façon régulière et égale, deviennent régulières et égales.

6) Avec maîtrise et parcimonie, les coups de sabots des animaux équivalent à un hersage de la prairie.

7) La plupart des mauvaises herbes ne supportent pas le piétinement répété durant l’hiver. La pâture hivernale contribue donc à diminuer fortement la présence de ces dernières.

 

Mal pâturer, aperçu

Il est utile de comprendre les effets nocifs des séjours trop prolongés sur une parcelle, (scénario inventé) :

Stade 1 : On rentre en rotation tardivement : Déjà la pousse dépasse les animaux qui ne peuvent pas la maîtriser. La qualité est sacrifiée.

Stade 2 : Les plantes vont perdre de leur appétence et de leur digestibilité au fur et à mesure de l’avancement dans la saison. Ce qui amène les animaux à les sélectionner. C’est le début d’un cercle vicieux qui entraine la pâture et les animaux vers des résultats médiocres. Les ruminants vont fatalement assister à la prolifération des plantes les moins appétissantes au dépend des plantes les plus délectables. Ceci amène à une parcelle hétérogène et de qualité amoindrie. Si vous avez investi dans cette pâture – les animaux travaillent contre vous.

 

Sous-pâturer

Dès qu’on sur-pâture, on paye cash. La plante est bridée et peut tripler à quadrupler son temps de régénérescence. Exception faite pour la période allant de la fin de l’automne à la mi/trois quarts de l’hiver, où il n’est pas problématique de descendre très bas.

Pâturer trop bas augmente significativement le risque d’infestation parasitaire sur vos animaux.

Pâturer trop bas, (ponctuellement) :Pâturer trop bas prive la plante de ses moyens de photosynthèse. A répétition, cela aura un effet nocif sur les racines car la plante est maintenue sur l’arrière pied.

 

Sur-pâturer 

Dès qu’on sous-pâture, on perd la qualité. Les plantes s’épient pour se reposer et reconstituer leurs réserves, – entrainées par l’augmentation des heures d’ensoleillement et de la température du sol. C’est pour le tracteur. Sauf, en gestion aride, où il peut s’avérer judicieux de laisser monter l’herbe en fin de printemps, après la grande pousse.

Pâturer trop haut, (ponctuellement) : (au-delà de 10cm), dégrade la valeur nutritionnelle, (même si cela peut/doit s’envisager dans gestion en situations arides). Par contre, trop laisser les graminées monter à épiaison privera les légumineuses de lumière et handicapera l’activité de leur population.

Remerciement : Nous tenons à remiercer Franck pour cet article très intéressant sur la genèse des systèmes herbagers. Vous pouvez consuleter son blog ici : http://patre.over-blog.com/article-les-techniques-modernes-de-paturage-et-leur-genese-107520922.html

A propos de Shane Bailey

Je suis né sur une exploitation ovine en condition sèche dans le Sud-Est de la France. J’ai grandi dans l’élevage entre la France et la Nouvelle-Zélande, toujours en 100% pâturage sans mécanisation, aliment ou bâtiment. Mon parcours professionnel en agriculture est une conjugaison d'expériences pratiques, techniques sur le terrain mais aussi scientifiques grâce à un réseau collaboratif pluridisciplinaire international. PâtureSens mobilise ses ressources financières pour permettre à ces membres de s'enrichir avec les plus grands experts mondiaux en matière de production animale. Nous nous différencions des organismes "conventionnels" du fait que nous sommes avant tout des praticiens de l'élevage, notre vocation est de servir les intérêts économiques des agriculteurs qui nous font confiance. Je suis aujourd'hui consultant pour la société PâtureSens, est souhaite pouvoir partager et diffuser nos connaissances afin d'aider les agriculteurs à s'approprier le pâturage. Ce blog est pour moi un lieu d’information, de partage et de réflexion sur la gestion des pâturages.

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